Une Poste sans service public ?
Dans sa séance du 26 juin dernier, le conseil d'administration de La Poste a décidé de la création d'un organisme de placement collectif en immobilier (OPCI). Cette structure abritera des actifs immobiliers, pour une valeur de 230 à 260 millions d'euros, actuellement gérés en propre par l'exploitant public. Cet OPCI sera détenu à 80% par des investisseurs institutionnels et à 20% par la Poste. L'entreprise publique continuera d'occuper les locaux sur la base d'un bail reconductible et versera un loyer. Dix bâtiments hébergeant des centres de tri du courrier et des plateformes colis sont, dans un premier temps, concernés par l'opération.
En d'autres termes, La Poste, à la recherche d'argent frais, vend une partie de son patrimoine pour financer ses investissements, notamment à l'étranger. C'est une grave décision.
FO COM estime qu'il est illusoire de penser que les acquisitions ou participations au-delà des frontières compenseraient le manque à gagner dû à la fin du monopole. Les difficultés actuelles de la poste allemande constituent d'ailleurs un avertissement. D'autant que La Deutsche Post n'est plus une poste mais une entreprise de logistique sans bureaux de postes et bientôt sans services financiers. On ne peut que refuser ce destin pour La Poste française.
Dans ce contexte, il est très inquiétant que le projet de contrat de service public ne soit toujours pas signé, faute d'engagement financier de la part de l'Etat pour des missions dont le coût avoisine 1 milliard d'euros par an.
Paris, le 27 juin 2008
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