L'ancien ministre du budget ignore tout de La Poste



M. Alain Lambert, sénateur UMP et ancien ministre du budget vient de s'illustrer dans les colonnes du quotidien « Le Parisien-Aujourd'hui en France ». En effet, ce candidat virtuel à la présidence du Sénat a osé déclarer que le Gouvernement n'avait pas assez « serré la vis sur les comptes sociaux, les collectivités locales, les établissements publics industriels et commerciaux comme La Poste ou la SNCF ».
Venant d'un adversaire farouche du financement du RSA par les revenus du capital, cette sortie antisociale n'étonne guère. En revanche, qu'un ancien « grand argentier » affirme que La Poste coûte cher à l'Etat mélange la provocation à l'ignorance.
Depuis 1923, La Poste s'est financée elle-même, par ses ressources propres ou par l'emprunt. Jusqu'en 2007, elle a remboursé à l'Etat la quasi-totalité du montant des pensions des postiers fonctionnaires. Elle supporte près d'un milliard de déficit par an sur les missions de service public que l'Etat refuse de subventionner.
Il y a longtemps que l'Etat « serre la vis » à La Poste, comme s'il s'agissait de stigmatiser ses prétendues lacunes pour mieux la privatiser.
Ce dont La Poste et tous les services publics ont besoin, c'est de plus d'Etat et non d'un Etat déserteur et privatiseur.
Décidément, M. Lambert a beaucoup à apprendre, notamment sur la gestion des entreprises publiques. Sans doute préfère-t-il les sociétés anonymes.

Paris, le 22 octobre 2008.

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