Télécommunications : la Commission européenne déraille



Bruxelles prépare depuis plusieurs mois une nouvelle directive sur les télécommunications. Au motif de difficultés à réguler le marché, la Commission s'oriente vers une mesure extrême : la séparation des réseaux et des services.
Si la démarche aboutissait, ce serait un coup fatal porté aux opérateurs historiques européens et au-delà, à tous les opérateurs interconnectés. En effet, le coût de la recherche et de l'innovation dans ce secteur de pointe nécessite des investissements colossaux. Ce n'est que grâce à ces investissements que tous les citoyens pourront avoir accès au haut débit sur l'ensemble du territoire européen.
Tous les acteurs du secteur sont unanimes : l'avenir passe par l'intégration des différents métiers. Les pays asiatiques et les Etats-Unis, en pointe dans le domaine, se sont engagés dans cette voie. L'Europe, sous la pression de grands groupes financiers, s'apprêterait donc à imposer à ses opérateurs un processus contraire et irréversible.
Une telle mesure aurait en outre des conséquences catastrophiques pour l'emploi dans le secteur. Au plan national, l'émiettement de France Télécom en de multiples sociétés se traduirait immanquablement par un plan social dramatique sans aucun profit pour les autres opérateurs.
Si la régulation du secteur est nécessaire, pour FO Communication elle ne doit pas aboutir à la mise à mort de l'opérateur historique, devenu encore plus facilement "opéable". Après s'être engraissé, il y a dix ans, lors de filialisations foireuses pour les mobiles (Orange) et l'internet (Wanadoo), la haute finance tente de réitérer son opération, bafouant les intérêts mêmes des clients.
FO Communication en appelle solennellement au président de la République pour que, à la veille de la présidence française de l'Europe, la France adopte une position ferme vis-à-vis de ce projet incohérent et destructeur qui serait fatal pour un secteur moteur en termes de croissance et de développement économiques.

Paris, le 31 mars 2008
[retour aux communiqués]
Informations Légales - Crédits