Statut de La Poste : des promesses à la dure réalité...


M. Luc Chatel, Secrétaire d'Etat chargé de l'industrie et de la consommation, vient de réunir les anciens membres de la commission Ailleret sur l'avenir de La Poste. Force Ouvrière était représentée par Jacques Lemercier, Secrétaire Général de FO Communication.
M. Chatel a présenté le « projet de loi relatif à l'entreprise publique La Poste et aux activités postales ». Ce texte ne diffère pas sur le fond de la mouture qui avait filtré en début d'année. Avant analyse plus fouillée, deux éléments essentiels doivent être retenus :
  1. Contrairement à l'engagement pris par le président de la République le 19 décembre 2008, l'Etat s'ouvre la possibilité de sortir du capital de la future société anonyme. En effet, si on suit la lettre du texte, des « personnes morales appartenant au secteur public » pourront à terme détenir la totalité du capital. FO Communication rappelle qu'il y a, dans le secteur public, des entreprises ou les actionnaires privés jouent un rôle important. La privatisation juridique de La Poste est donc le prélude à sa privatisation économique ;
  2. La pierre de touche de l'avenir de La Poste, c'est le financement de ses missions de service public. N'oublions pas que La Poste assume seule, chaque année, près d'un milliard du coût des dites missions (transport de la presse, accessibilité bancaire, aménagement du territoire, service universel). Or les promesses élyséennes ne sont guère tenues : un système de financement « pérenne » était annoncé. Il est purement et simplement oublié dans le projet de loi...
Ainsi, sur les deux points clés de la composition du capital et du financement du service public, ce sont les silences et les ambigüités qui dominent.
Au moment où, partout en Europe, le nombre et la qualité des emplois de postiers s'effondrent; alors que les apôtres des postes privatisées, comme la Deutsche Post, se replient sur leur pré carré et renoncent à l'activité courrier à l'étranger, il est étonnant que La Poste, fragilisée par la situation économique et des choix stratégiques discutables, justifie le changement de statut par le développement à l'international.
Pour FO Communication le combat pour la défense et la modernisation du service public postal continue, dans l'entreprise comme auprès des citoyens.

Paris, le 16 juin 2009

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