Service public postal : l'Etat s'engage... à ne rien payer
Le contrat de service public conclu entre l'Etat et La Poste, présenté comme un événement, consacre surtout le recul de la tutelle publique et le refus du Gouvernement d'assumer sa juste part du financement des missions dévolues à l'opérateur historique.
Recul de la tutelle publique, puisque le défunt contrat de plan permettait à l'Etat, propriétaire de La Poste, d'avoir barre sur l'ensemble des activités de l'entreprise. Signe des temps, l'Etat s'automutile, laissant désormais à La Poste le soin de définir sa stratégie, voire de proposer tranquillement sa transformation en société anonyme.
Refus du Gouvernement, car un contrat de service public perd son sens si, au-delà des principes et des missions fixés, il omet de désigner qui s'acquittera et à quelle hauteur des surcoûts structurels liés au service public postal. A cet égard, le texte paraphé aujourd'hui reste aussi flou et littéraire que celui présenté aux syndicats au premier trimestre 2008. Ce texte avait été jugé sévèrement par FO qui l'avait alors qualifié "d'engagement sans financement".
Service universel du courrier, accessibilité bancaire, transport et distribution de la presse, présence postale sur le territoire : ces 4 piliers sont fragilisés. Tout cela parce que l'Etat régulateur est un Etat déserteur ! Un Etat, fervent de la concurrence, mais qui leste La Poste d'un handicap de 800 millions d'euros à l'avant-veille de l'ouverture totale du marché.
Fuyant ses responsabilités, l'Etat pousse implicitement La Poste à se défausser de ses missions les plus lourdes sur les collectivités territoriales, voire sur les commerçants ! Il offre un alibi inattendu aux promoteurs de la privatisation comme si l'argent frais des actionnaires allègerait les charges inhérentes au service public. FO Communication condamne le chantage consistant à échanger le financement du service public contre la privatisation de La Poste.
Le contrat de service public est un abandon et un faux-semblant. Plus que jamais, FO Communication réclame un large débat public sur l'avenir de La Poste, cet avenir ne pouvant s'inscrire que dans le cadre d'une entreprise publique.
Paris, le 22 juillet 2008
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