OUI à une dynamique réformiste, NON à la bipolarisation syndicale !



Lors de son Conseil fédéral national (CFN) réuni à Angers les 10 et 11 juin, la Fédération FO de la Communication a débattu du contenu et des conséquences de l'avant-projet de loi sur la démocratie sociale. Dans la résolution adoptée à l'issue des travaux, FO Communication appelle au développement d'une dynamique réformiste, seule à même de faire échec à la tentative de bipolarisation du paysage syndical. Extrait du texte de la résolution :
« ... Le CFN s'élève solennellement contre l'orientation réactionnaire du projet de loi sur la démocratie sociale, projet initié par la position commune du cartel MEDEF-CGPME-CGT-CFDT. Si ce projet était validé, les pouvoirs publics prendraient la responsabilité de renier le principe de l'égalité républicaine au profit d'une atomisation et d'une confiscation des relations sociales. Le CFN n'est pas dupe de l'arrière-pensée corporatiste qui préside à cette machine de guerre : vider de sa substance le syndicalisme confédéré et fédéré en le privant de son rôle normatif et contractuel, en l'enfermant dans des contraintes électorales et financières stérilisantes.
Le CFN invite la représentation nationale, juge en dernier ressort de ce projet, de maintenir la hiérarchie des normes en vigueur. Le contournement de la durée légale du travail, voulu par le MEDEF et la CGPME, accepté par la CFDT et la CGT dans la position commune et avalisé par le Gouvernement, entérine la fin du principe de faveur. Le CFN condamne ceux qui ont échangé leur conception de la représentativité syndicale contre l'allongement de la durée du temps de travail. Ils ont sacrifié les salariés à leurs intérêts d'appareil.
Le CFN affirme que vouloir réduire le pluralisme syndical est contraire au préambule de la Constitution selon lequel chaque individu est libre « d'adhérer au syndicat de son choix ». Il rappelle que l'existence du syndicat et l'action de ses militants relèvent d'une organisation et d'orientations qui lui sont propres. Celles-ci ne sauraient être conditionnées par un processus électoral extérieur. Il est primordial que le syndicat conserve la latitude de désigner ses délégués dans l'entreprise. Pour le CFN, le cadre de référence demeure la loi Waldeck-Rousseau et la Charte d'Amiens. Par ailleurs, la conformité du projet gouvernemental avec la Convention n° 87 de l'Organisation Internationale du Travail (OIT), sur la liberté et la protection du droit syndical, mérite d'être posée.
Héritiers de la tradition réformiste de la CGT confédérée de Léon Jouhaux ; héritiers de ceux qui, il y a 60 ans, eurent le courage et la volonté de créer Force Ouvrière pour éviter aux travailleurs l'enfermement dans un syndicalisme politisé, les délégués du CFN refusent l'alternative qu'on veut leur imposer : soit l'absorption, soit la marginalisation. Ils refusent une bipolarisation qui ne laisserait aux salariés que le choix entre la contestation et l'accompagnement, pour la plus grande satisfaction du patronat.
La position commune signe l'arrêt de mort du syndicalisme confédéré.
Le CFN est convaincu que Force Ouvrière incarne par ses valeurs, sa pratique et son histoire, le réformisme militant, responsable et tourné vers l'avenir, à même d'enclencher la dynamique qui fera échec à la tentative de bipolarisation artificielle du monde du travail. Si des contacts ont lieu, ils doivent être pris dans le respect de l'identité de chacun avec ceux qui veulent pérenniser et renforcer le syndicalisme réformiste, libre et indépendant, seul garant de liberté et de progrès social... ».


Paris, le 13 juin 2008
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