Le Livret A pour tous, c'est celui de La Poste



La Commission européenne vient de repousser, avec une certaine condescendance, le délai de grâce réclamé par Bercy pour « s'expliquer » sur le calendrier de la déréglementation du Livret A. Mme Lagarde réclamait quatre mois de sursis, Bruxelles lui concède royalement 3 jours... Mais l'ultimatum demeure. Cette politique de la canonnière prêterait à sourire si elle ne concernait pas, au-delà de la question de l'indépendance nationale, l'avenir de l'épargne populaire, de l'accès aux moyens de paiement et du logement social.

Dans un rapport curieusement confidentiel et dont quelques bribes ont filtré, la Cour des comptes rappelle opportunément que La Poste assume seule, grâce au Livret A, l'accès aux circuits financiers des populations les plus démunies. Le Livret A pour tous, c'est celui de La Poste. Cette mission d'intérêt général s'effectue au prix d'un déficit avoisinant les 100 millions d'euros à la charge de l'établissement public. Ce déficit ne manquerait pas d'exploser si la « banalisation » intervenait selon les lignes prévues.

Quelle que soit l'issue du débat en cours, FO COM juge vital et juste que La Poste conserve son Livret A, ouvert à tous et sans restrictions. En d'autres termes : non au livret d'accessibilité bancaire, dit « du pauvre » ; maintien du droit de domicilier un compte, d'opérer des virements et des retraits à volonté. En outre, les surcoûts liés à la mission sociale de La Poste devront être compensés.

Paris, le 6 mars 2008
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