Le changement de statut de La Poste n'est pas une fatalité
L'évolution du statut de La Poste a été évoquée lors du conseil d'administration du 10 juillet. Le président a confirmé qu'il a fait mettre à l'étude des scénarios d'évolution juridique du statut de l'entreprise publique. L'hypothèse de la création d'une société anonyme et de l'ouverture du capital n'a pas été démentie. Elle serait justifiée, selon le président, par la mise en concurrence totale des activités du groupe à partir 1er janvier 2011 et par la nécessité de trouver des ressources financières.
FO Communication rappelle qu'avec le statut actuel, La Poste a pu acquérir des entreprises en France (Exapaq, Orsid...), se développer en Europe et dans le reste du monde par des prises de participation ou des opérations d'achat (Espagne, Grande-Bretagne, Turquie, Grèce, Afrique du Sud, Europe de l'Est...), financer un vaste plan de modernisation de l'appareil industriel du courrier (3,4 milliards d'euros) et rénover plusieurs centaines de bureaux de Poste. Elle a même réalisé, en 2007, un bénéfice de 943 millions d'euros tout en versant à l'Etat un dividende de 141 millions d'euros.
En réalité, La Poste, endettée à hauteur de 6 milliards d'euros et disposant de peu de capitaux propres (3 milliards d'euros), a été contrainte, l'an dernier, de signer un chèque de 2 milliards d'euros à l'Etat pour régler la question de la retraite des fonctionnaires.
La Poste doit également financer, chaque année, en lieu et place de l'Etat, plus de 800 millions d'euros de charges de service public.
FO Communication voit mal comment pourraient se concilier l'ouverture du capital à des fonds privés et le maintien des missions de service public, jusqu'ici dévolues à La Poste.
FO Communication considère que le changement de statut serait synonyme de disparition progressive du service public postal avec pour conséquence la suppression massive d'emplois et la fermeture de centaines de bureaux de Poste.
FO Communication souligne que les difficultés actuelles de la poste allemande devraient inciter les initiateurs du projet à la plus grande prudence.
Paris, le 10 juillet 2008
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