FO Communication appelle à un référendum sur La Poste
Sous couvert d'adaptation au contexte juridique européen, le Gouvernement paraît disposé à écouter ceux qui veulent transformer La Poste en société anonyme.
FO Communication estime qu'un tel sujet dépasse largement le cadre de réflexion propre à une entreprise. Car La Poste n'est pas une entreprise comme une autre, uniquement préoccupée de résultats financiers et considérant le développement comme une fin en soi. La Poste appartient au patrimoine national, eu égard aux valeurs républicaines qu'elle incarne et au rôle social, sans pareil en Europe, qu'elle remplit au service de la population. C'est à juste titre qu'elle a pu être qualifiée de « noyau dur du service public ».
Conformément au préambule de la Constitution, ce service public national est « la propriété de la collectivité ». Dès lors, il paraît naturel que les citoyens puissent s'exprimer directement sur l'avenir de La Poste. La réflexion et la décision ne doivent pas être cantonnées à tel ou tel cercle, aussi avisé soit-il.
L'enjeu se situe au-delà du rituel consistant, après un conditionnement de l'opinion, à débattre pour la forme sur la base d'un projet unique et unilatéral, assorti d'amendements à la marge.
Si la démocratie c'est la liberté de choisir, encore faut-il qu'il y ait possibilité de choix. Les citoyens sont les propriétaires mais aussi les usagers de La Poste. Il est légitime qu'ils puissent défendre, avec leurs représentants, leur conception du service public postal et opter pour une voie alternative à celle qu'on veut leur imposer au nom d'un prétendu bon sens.
L'article 11 révisé de la Constitution leur ouvre ce droit. Désormais, toute réforme « relative à la politique économique, sociale ou environnementale de la Nation et aux services publics qui y concourent » peut motiver une proposition de loi soutenue par un dixième du corps électoral et portée par un cinquième des parlementaires.
FO Communication appelle donc à la création d'un comité national pour l'organisation d'un référendum sur le service public postal. Ce comité serait ouvert aux organisations, aux personnalités et aux citoyens qui refusent la privatisation de La Poste. Il accueillerait aussi celles et ceux qui, au-delà de La Poste, veulent défendre le modèle républicain de service public. La vocation première du comité serait de réunir les signatures conduisant les parlementaires soucieux du service public à s'inscrire dans le processus référendaire.
Cette initiative devrait compléter et élargir la mobilisation du personnel de La Poste qui a d'ores et déjà commencé. Le débat public sur l'avenir de La Poste est l'affaire de tous.
Paris, le 18 août 2008
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