"Le 3 octobre, VOTEZ !"

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Devoir de postier, devoir de citoyen !



Une page importante de notre histoire est en train de s'écrire. Le Gouvernement, sur l'initiative de la direction de La Poste, a décidé de changer le statut de l'entreprise publique. Un changement de statut qu'aucune raison sérieuse ne justifie. La crise économique que nous traversons a quelque peu calmé les ardeurs de ceux qui voulaient d'une société cotée en bourse, mais le projet de loi de transformation de La Poste en société anonyme a été adopté par le Conseil des ministres cet été et devrait être discuté, suivant la procédure d'urgence, par le Parlement cet automne.
Malgré toutes les promesses gouvernementales, nous savons pertinemment que ce changement de statut est la première étape de la privatisation totale de La Poste, comme cela s'est produit partout en Europe. Ce modèle de poste européenne qui a d'ailleurs aujourd'hui du plomb dans l'aile : malgré les suppressions d'emplois et les fermetures massives de bureaux de poste, ces entreprises n'arrivent pas à dégager des bénéfices et tout le monde regrette, chacun dans son coin, d'avoir cassé son opérateur historique...
En France, nous avons l'habitude de ces promesses : pour France Télécom, pour EDF, pour GDF, on nous avait juré, promis, craché, que le capital resterait, d'une façon ou d'une autre, entre les mains de l'Etat. On connaît malheureusement le résultat...
La Poste joue un rôle particulier dans la vie quotidienne de nos concitoyens. Elle est le symbole du service public de proximité : visite quasi quotidienne du facteur, présence postale dans les zones rurales (bien que battue en brèche avec la multiplication des agences communales et des points poste...), services bancaires pour les plus démunis, etc. Et c'est à ce symbole-là que s'attaquent aujourd'hui les pouvoirs publics !
Comme on le voit, la question du statut de l'entreprise dépasse le cadre de ses salariés. Les usagers seront les premières victimes de la privatisation de La Poste. C'est ce constat qui nous a poussés, à FO Communication, à demander les premiers - dès le 18 août 2008 - l'organisation d'un référendum sur l'avenir du service public postal, comme le permet la Constitution suite à sa récente modification. Cette idée a fait son chemin et a abouti à l'automne 2008 à la création du "Comité national contre la privatisation de La Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal". Ce Comité regroupe tous les syndicats (en l'occurrence FO, CFTC, SUD, CGT, FSU et UNEF), les associations et les partis politiques qui refusent la privatisation de La Poste et réclament ce référendum.

Jusqu'ici, notre demande n'a pas été entendue par les pouvoirs publics. C'est la raison pour laquelle le Comité national a décidé d'organiser le 3 octobre des "votations citoyennes". Dans toute la France, des comités locaux, dans lesquels FO Communication joue un rôle important, s'organisent, y compris avec l'aide de certaines municipalités. L'idée est de mettre à disposition d'un maximum de citoyens des lieux de vote (devant les bureaux de poste, dans les mairies, sur les marchés...) qui leur permettront de répondre par oui ou non, à la question : "Le Gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser. Etes-vous d'accord avec ce projet ?"
Ces votations ne revêtent aucun caractère légal. Elles auront, aux yeux de l'opinion publique, une valeur symbolique prépondérante. Cette démarche vise à assurer ceux qui rejettent la privatisation de La Poste d'une légitimité dont il faudra tenir compte. Avec la mobilisation des salariés - à noter que plus d'un postier sur trois était en grève le 22 septembre - ces votations sont un moyen de faire pression sur le Gouvernement et le faire reculer sur ce projet catastrophique. C'est de la conjonction de ces deux actions complémentaires, à nos yeux indissociables, que naîtra le rapport de force nécessaire à notre victoire et à celle du service public.
Il est important que chaque postier(e) se sente concerné(e) par ces votations. Chacun(e), dans son entourage, sa famille, ses amis, doit convaincre de l'importance de ces scrutins et faire participer un maximum d'électeurs. Il y va de l'avenir de La Poste.

Jacques Lemercier


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